Canicule : revendications, protection, alerte

Le Recteur de notre académie a attendu lundi 22 juin pour consulter les organisations syndicales au sujet de la gestion de la canicule. La CFDT Éducation Publique y a participé, et s'inquiète du manque d'anticipation, alors que les vagues de chaleur extrême sont amenées à se répéter.

Manque d’anticipation inquiétant et gestion de « bricolage »

Cette nouvelle vague de chaleur n’est pas un évènement météorologique imprévisible. Les alertes des expert·es du GIEC sont très claires depuis plusieurs années : le dérèglement climatique occasionnera des épisodes de chaleur intense plus fréquents, plus tôt dans l’année, et plus intenses.

La CFDT alertait déjà en juin 2017 : « La vague de forte chaleur entraîne des difficultés, d’exercice dans les établissements scolaires pour les personnels, et d’étude pour les élèves ». La diffusion des consignes du plan canicule, pour indispensable qu’elle soit, place les personnels dans une situation paradoxale : il n’est pas toujours possible de les mettre en œuvre. Tous les établissements ne disposent pas loin s’en faut des installations permettant de « fermer les volets et de ventiler les classes. »

Malgré ces alertes, à chaque nouvel épisode de canicule, notre Ministère comme notre Rectorat réagissent tardivement, en préconisant des mesures de court terme, très loin d’être à la hauteur de la prise en compte du réchauffement climatique. C’est encore le cas ces jours-ci : le Recteur a d’abord espéré que les prévisions météo s’améliorent, avant de se résoudre à consulter les organisations syndicales, suite à un rappel à l’ordre du ministère.

Et pour nous dire quoi ?

  • Le Recteur nous a demandé de « faire preuve de créativité » ! La CFDT Éducation Publique a vertement répliqué que les personnels font déjà tout ce qu’ils et elles peuvent depuis plusieurs semaines, et n’ont pas attendu le 22 juin. Nous avons besoin à la fois de réponses urgentes et claires, et de mesures d’ampleur, qui vont bien au-delà d’une communication de circonstance. Les directrices et directeurs d’école notamment, ainsi que les personnels de direction, se retrouvent trop souvent bien seul.es à assumer les difficultés sur le terrain. Le Recteur a tout de même reconnu la maladresse de son discours, sans pour autant apporter de directives claires.
  • Il a rappelé les décisions académiques actuelles au sujet des fermetures éventuelles, ainsi que les préconisations pour protéger les personnels et élèves fragiles.
  • Il a expliqué les possibilités de report éventuel d’examens, et les préconisations pour les sorties scolaires.

Agir en urgence, protéger avant tout

  • Les conseils concrets de la CFDT pour la protection des personnels et des élèves face aux fortes chaleurs : https://www.sgen-cfdt.fr/actu/personnels-et-eleves-face-aux-fortes-chaleurs-les-conseils-de-la-cfdt/
  • Les élèves vulnérables en stage (professionnel ou stage de 2nde) doivent bénéficier de bienveillance si les conditions liées à la chaleur ne leur permettent pas de faire leur stage complètement.
  • Contactez-nous en cas de difficulté : grenoble@efrp.cfdt.fr
  • Fermetures d’écoles ou d’établissements : les directrices et directeurs, ne doivent pas hésiter à contacter les IEN et DASEN. Le Rectorat assure qu’il suivra la décision sans mettre de pression. Actuellement, une mairie a fermé son école en Haute-Savoie, et certaines écoles (Chambéry) sont fermées l’après-midi avec accueil possible.

Ce processus de décision, renvoyé au local et au cas par cas, sans seuil de température notamment, favorise l’inaction et la non prise en compte du danger pour les personnels et les élèves, car toute la pression retombe sur les Directrices, Directeurs, Professeur.es des écoles, et Chef.fes d’établissements.

  • Le report des oraux (français, grand oral) peut être décidé localement, en dernier recours, en prévenant l’avant-veille au moins. Pour le DNB, le ministère doit faire un point avec les organisations syndicales mardi soir.

La CFDT agit aussi sur le long terme depuis longtemps

Perspectives

Le Recteur estime que cette canicule ne durera pas, et n’est qu’un épisode historique.

Certes la température va finir par baisser, mais on ne sait pas encore quand avec certitude, et les bâtiments surchauffés mettent du temps à refroidir.

Certes cet épisode est pour le moment historique, mais le consensus scientifique est clair : cette année 2026 est une des plus fraîches des prochaines années. Cette canicule n’est malheureusement pas une surprise, comme la première du mois de mai. Il est inquiétant que nos responsables les plus haut placés semblent faire le dos rond en attendant qu’elle passe, et seront à coup sûr encore pris de court lors de la prochaine vague de chaleur.

Le Recteur a accepté le principe d’un dialogue à ce sujet avec les DASEN dans les départements, même s’il ne semblait pas convaincu de la nécessité d’un suivi plus précis. La CFDT Éducation continuera d’alerter, d’agir, et de vous accompagner.

Pour la CFDT, il n’est pas question d’agiter des peurs, mais d’être réaliste en s’appuyant sur le consensus scientifique, et notamment les alertes du GIEC qui datent déjà de plusieurs dizaines d’années. Tout se passe malheureusement comme prévu. Il est urgent d’agir, de protéger personnels et élèves, d’adapter les horaires, de prendre les mesures de fermetures quand la santé et la sécurité sont menacées, et d’investir dans des politiques ambitieuses de rénovation énergétique des bâtiments et de lutte contre le réchauffement climatique.